• Le Lycée :

     Après ces années collèges, faites d’insouciance et de bonheur, Je suis parti faire une année à Rouvière, un poète au pays des techniciens !

     En fait au cours de ces années collège, le corps enseignant a eu beaucoup de difficultés à comprendre qui j’étais et dans quelle voie je pouvais être orientée !

     Alors à la fin de la 3ème les enseignants ont jugé que j’étais et serais mieux dans une filière technique ! Celles et ceux qui me connaissent, savent que je suis une nullité et incapable de me servir d’un outil !!!

     Enfin bref, me voilà partie pour une seconde technique au Lycée Rouvière !

     Ah ! Les profs se souviennent de mon passage mais pas dans le bon sens !!! Surtout le professeur de dessin industriel et d’atelier !!!

    Même certaines machines doivent s’en rappeler encore !!!!

      A cette époque j’avais 16/17 ans et déjà je voulais apporter ma modeste pierre pour faire changer le monde, et le faire avancer !

     En 1986, une loi Monory / Devaquet devait bouleverser l’éducation nationale et mettre en péril l’avenir des jeunes étudiants !

    Face à cette situation, j’ai décidé de m’engager dans cette lutte pour défendre les universités et les lycées !

     Le problème, c’est que mes parents n’en savaient rien. Durant la grève officiellement j’étais en cours avec celles et ceux qui avaient fait le choix de ne pas s’engager.

    Mais très vite de simple participant gréviste, je me retrouve au sein des organisateurs de ce mouvement.

    Et c’est là que mon père et ma mère découvrent la supercherie !!!

    En effet, un soir lors de la diffusion des informations locales, ils ont eu l’immense privilège de me découvrir sur le petit écran, un mégaphone à la main haranguant la foule de lycéen sur la place de La Liberté à Toulon !!!

     De plus, je parlais souvent avec les journalistes de presse locaux, et mon père m’avoua qu’il se doutait bien d’après les propos qu’on lui avait rapporté que je participais activement à la grève. Il m’a même ajouté qu’il n’était pas contre à partir du moment que cela ne remettait pas en cause mon passage en 1ère.

     A la fin de la seconde, les enseignants se trouvèrent dans une situation compliquée à mon sujet, j’avais des résultats corrects dans toutes les matières sauf dans les matières techniques, dans un lycée technique !!!! Alors, on m’envoya dans un autre lycée : Dumont D’Urville.

    Donc après un été au Moulin, j’entrais dans cet immense Lycée de Toulon.

    A cette époque il était le plus grand lycée de France, en termes d’effectif accueilli dans son enceinte. Il y avait plus de 6000 élèves, classes préparatoires et prépa Saint Cyr.

    A mon arrivée, très vite je retrouvais les autres lycéens qui avaient participé activement au mouvement de grève de 1986. Ce lycée avait un très grand foyer des élèves, avec plus 40 activités proposées aux élèves en dehors des cours (voile, échec, musique, théâtre, Astronomie, etc.…). Très souvent dans chaque atelier intervenait un professeur qui donnait de son temps pour transmettre une passion…en dehors des cours.

     En 1987, le Club Information et Débat était créé au Lycée Dumont d’Urville. On me proposa d’être vice-président. Ce club devait organiser des conférences / Débats à thème.

    Dans le lycée une grande (400 places) salle existait et donc on avait un lieu pour faire ces débats.

    Pour notre lancement, nous avions décidé de faire Harlem DESIR, Président à cette époque du mouvement SOS RACISM. Dans notre département bien ancré à droite, dès que la nouvelle s’est propagée, notre Proviseur a commencé à recevoir des lettres lui demandant d’interdire cette conférence…

    Mais à cette époque nous avions un Proviseur en Or au Lycée Dumont d’Urville!!!

    Monsieur AIRAUDI était un homme engagé et qui a toujours choisi de défendre ses lycéens, ses élèves. Durant la dictature en Argentine, il a dirigé le lycée français, et a aidé beaucoup de personnes qui cherchaient à fuir la junte militaire au pouvoir ! Ce qui a embarrassé à cette époque la diplomatie, et il a du rentrer en France.

    Lors des grèves de 1986, je l’avais déjà aperçu. Il était venu soutenir le collectif de lycéens et nous a même aidés. En effet, comme il l’a affirmé l’argent des cotisations pour le foyer des élèves doit être utilisé pour les élèves ; alors Monsieur AIRAUDI nous a dit d’utiliser cet argent pour financer l’impression des tracts,  l’achat des mégaphones ou des banderoles. C’est comme cela que le Lycée Dumont d’Urville durant ce mouvement devînt le centre névralgique du mouvement dans l’agglomération toulonnaise. Il fournissait le matériel pour le mouvement.

    Donc notre Proviseur décida de soutenir notre Club Information et Débat !

    Un jour, il reçu une lettre de <st1:personname productid="la Député Yann" w:st="on">la Député Yann</st1:personname> PIAT, alors membre du FN qui demandait l’annulation de la conférence. Notre proviseur nous convoqua et nous lu ce courrier, puis il conclut par ces mots : « ce n’est à un député de diriger les affaires d’un établissement scolaire ! C’est un abus d’autorité ! On accueillera Monsieur DESIR comme prévu ! Ne vous inquiétez pas, je vous protège ! »

     

     

    ….à suivre…..


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  • " En politique, il faut donner ce qu'on n'a pas,

    et promettre ce qu'on ne peut pas donner." 

    Louis XI


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