• Naufragé à Porquerolles...

     

    Naufragé à Porquerolles...

     

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    Lorsque l'été arrivait, Paul BERRE et son épouse Jacqueline, tous deux enseignants au Collège de La Garde, nous invitaient à aller en bateau passer la journée à Porquerolles. Paul était fils d'un pêcheur du Lavandou et connaissait par cœur les îles au large de notre beau département. Il savait où il fallait mouiller l'ancre, et où trouver du poisson pour faire des grillades sur la bateau...Il aimait la mer et à chaque traversée, il nous faisait partager sa passion...

    J'adorais entendre parler Jacqueline avec son merveilleux accent provençal. A cette époque, je découvrais mes premiers livres de Marcel Pagnol, et j'imaginais que Jacqueline sortait tout droit d'un des livres de notre illustre poète né au pied du Garlaban...

    Ce matin là mes parents et moi partirent de bonne heure en direction du Lavandou, et plus précisément au quartier de La Fossette. Là où habitaient Paul et Jacqueline, dans une belle maison dans la colline face à la mer…

    Paul vérifia qu’il n’avait rien oublié et nous prîmes la direction du port du Lavandou où se trouvait le voilier, impatient de quitter le port pour faire à nouveau la traversée...

    Nous apportions des sacs de victuailles pour passer la journée, quelques livres et du vin rosé local. Je montais à bord de ce navire et descendais aussitôt pour choisir ma couchette, mon coin. De préférence à l’avant du bateau car c’est là qu’on était le mieux bercé par les vagues pour faire la sieste.

    Mon père et Paul s’afféraient aux manœuvres pour sortir du port pendant que ma mère et Jacqueline rangeait la nourriture pour préparer le repas. De bonnes tomates, de la salade du jardin des Berre, et de la charcuterie d’Ariège !

    J’étais impatient de prendre la barre mais Paul m’expliquait que la manœuvre était trop délicate et qu’il me laisserait diriger le voilier plus loin. Après plusieurs tentatives infructueuses pour devenir le capitaine du navire, il me demanda d’aller vérifier que les Pare-battages avaient bien été enlevés et posés sur le pont du navire.  Ensuite je décidais de descendre dans ma cabine pour lire un livre. Je m’installais sur ma couchette et commençais à lire tendant l’oreille de temps à autre pour voir si ce vieux Capitaine n’appelait son moussaillon pour le remplacer !

    Mais après quelques instants, berçaient par les vagues et le mouvement du voilier filant droit sur l’Ile de Porquerolles, mes yeux se fermaient lentement…les mots sur la page de mon livre et les images devenaient flous…le moussaillon s’endormait lentement imaginant être sur un immense galion en direction de nouvelles aventures…

    Soudain, au moment où mon équipage venait d’apercevoir une nouvelle terre à l’horizon, j’entendis la voix de ma mère qui venait d’entrer dans ma cabine pour voir ce que je faisais. Elle me conseilla d’aller boire de l’eau car il faisait chaud et me dit que nous allions bientôt arriver dans la crique pour jeter l’ancre et déjeuner. Je mis mon livre dans mon sac et sortit de ma cabine. Après m’être désaltérer, je décidai de monter sur le pont pour voir ce qui se passait. Nous étions près des côtes de l’ile, et mon père à l’avant du bateau s’apprêtait à jeter l’ancre.

    Une fois le voilier stoppé, ma mère et Jacqueline commençaient à installer la table et sortir l’apéritif. J’enlevais mes vêtements pour aller me baigner avant de manger. Paul me prêta son masque et son tuba pour que je puisse voir et admirer les fonds marins.

    Aussitôt dans l’eau, m’imaginant appartenir à l’équipe du Commandant Cousteau je partais à la recherche des poissons et autres habitants de cette mer. Des oursins accrochés à leurs rochers, un Sarre, et quelques girelles vivaient dans ce coin de Porquerolles. J’avais beau chercher je ne voyais pas sortir du fond d’un trou une énorme murène ou congres comme dans les films de La Calypso…

    Après avoir nagé un bon moment, j’entendis les voix de mon père et ma mère qui m’appelait pour venir manger. Je remontais sur le bateau et me séchait avant de m’asseoir à table avec tout l’équipage. Déjà ils parlaient de leur prochaine traversée vers la Corse au mois de Juillet. Car mes parents, Paul et Jacqueline avaient pris l’habitude à chaque mois de juillet d’aller faire le tour de cette ile en voilier allant de port en port. Tandis que moi, je passais ce mois de vacances avec mes grands parents à la montagne en Ariège, à La Peyregude ou à Pamiers.

    Après avoir pris un bon repas, nous écoutions  Paul nous parler de ses souvenirs et de ses aventures en mer lorsqu’il était jeune et qu’il accompagnait son Père, Pêcheur au Lavandou. Puis pendant que mes parents et les Berre allaient se reposer ou se faire bronzer, je montais dans la chaloupe attachée par une longue corde, et qui servait d’annexe pour aller à terre.

    Ma casquette sur la tête, et je partais à l’aventure. Je m’amusais à pagayer, en allant aussi loin que le permettait le bout, puis à revenir vers le voilier. Après avoir fais plusieurs allers-retours, je m’assoupis un certain temps dans l’annexe. Je sentais que la petite chaloupe commençait à bouger et tanguer de plus en fort. J’ouvris les yeux et me releva. J’étais déjà en pleine mer ! Et le voilier se trouvait loin accroché dans son anse !

    J’étais comme un naufragé au milieu d’une immense mer, au pied de l’ile de Porquerolles…

    J’avais beau appeler personne de l’équipage de mon navire ne m’entendait ! J’étais seul avec deux rames pour lutter contre les vagues et les courants qui sortaient de la criques pour m'attirer au large…Sans paniquer ou m’apitoyer sur mon sort, je remis la chaloupe dans le bon sens la proue en direction de mon minuscule navire et je rama, et rama tant et plus…

    Après un long et difficile moment à me battre contre les vagues, je m’approchais enfin du voilier. Je vis que les adultes s’étaient enfin aperçus de la disparition d’un membre de leur équipage. Le branle bat de combat avait été sonné ! Déjà  Paul et mon père étaient en maillot et s’apprêtaient à se jeter à l’eau pour venir me chercher à la nage…

    Content de cette aventure, je regagnai le voilier. Paul attacha très solidement la bout de la chaloupe, et vérifia souvent durant la traversée du retour qu’elle tenait bien…tandis que moi, fier de tenir enfin la barre, je fixais un point à l’horizon que m’avait indiqué le capitaine…

     

    Jean François LOUBET

    « L’I.U.T. Gestion des Entreprises et Administration:....Mondialisation ou Bordelisation !... »

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