• Ukraine, mon amour....


    Depuis le début des affrontements sur la place Maydan à Kiev, j'inonde ma page Facebook de publication diverse au sujet de l'Ukraine. Pour celles et ceux qui ne me connaissent pas, je vous dois quelques explications.
    Si je suis autant attaché à ce pays et surtout à la situation qui se déroule sous nos yeux depuis ces derniers jours, c'est parce que pendant deux années de 1996 à 1998, j'ai habité, j'ai travaillé dans ce pays, plus précisément dans la ville d'Oujgorod en Transcarpathie.


    Pendant ces deux années, j'ai eu la chance de rencontrer des hommes et des femmes extraordinaires qui se battaient chaque jour pour vivre et faire vivre leur famille, dans un pays où la situation économique été très difficile, l'Ukraine à ce moment-là devait se reconstruire et surtout relancer une économie qui était fragile. À cette époque, bon nombre d'ukrainiens espérait beaucoup de la part des pays occidentaux comme la France, l'Allemagne et tous les autres membres de l'union européenne.


    Malheureusement seul le Japon et les États-Unis ont choisi d'investir à cette époque, juste après la chute du mur de Berlin. Quelques entreprises allemandes ont cherché à investir dans le pays mais rien de très important au regard des besoins et des attentes de la population.


    Alors je suis triste, pour deux raisons :
    – la première raison, c'est qu'en fait l'union européenne a complètement raté son rendez-vous avec l'Ukraine et a complètement sous-estimé les possibilités et les capacités de ce pays. Jamais l'union européenne n'a organisé un véritable plan pour que l'Ukraine puisse rebondir et se développer au moment de son indépendance.
    – La deuxième raison, c'est que je pense à tous ces jeunes, à tous ces enfants que j'ai côtoyés pendant ces deux années à l'école numéro cinq et à l'université. Aujourd'hui peut-être que parmi tous les manifestants qui ont été blessés ou tués, il y a des jeunes que j'ai connus.


    Fort heureusement à Oujgorod la situation n'a pas l'air aussi dramatique que la situation à Kiev, et je m'en réjouis. Depuis hier les manifestants ont pris possession du parlement régional de Trancarpathie, sans aucune violence. Aujourd'hui le chef de la police régionale a annoncé qu'il rejoignait le camp des manifestants et qu'il refusait d'appliquer les ordres venus de Kiev.


    Mais la situation dans le pays me préoccupe fortement, car pour des raisons historiques ce pays est coupé en deux, d'un côté il y a les pro-russes qui se trouvent à l'est de Kiev, de l'autre côté il y a les pros occidentaux qui sont à l'ouest du pays. En fait depuis le découpage fait par notre Georges Clémenceau il y a toujours eu des petites frictions entre ces deux parties de l'État.
    La plupart des régions à l'ouest de Kiev avant la première guerre mondiale n'appartenaient pas à l'Ukraine et à la Russie. Ce n'est qu'après le traité de Versailles en 1924 que certaines régions ont été rattachées à l'Ukraine. C'est pour ça que la partie ouest du pays est favorable à un rapprochement avec la communauté européenne et les pays de l'union européenne. L'autre partie du pays a toujours été pour un rapprochement avec la Russie, d'autant qu'à l'époque de Staline il y a eu beaucoup de déplacements de population.


    Mais revenons à ma relation avec l'Ukraine, que je considère comme mon deuxième pays après la France, je gardais souvenir inoubliable de rencontres avec des gens extraordinaires, des moments de partage intense malgré les difficultés de la langue avec des hommes et des femmes, solide, droit et digne face à la difficulté quotidienne au moment de la chute du mur de Berlin. À cette époque, les gens été obligés de cumuler deux emplois pour pouvoir arriver à survivre dans un pays exsangue, où il n'y avait plus aucune industrie ou entreprises qui fonctionnaient correctement. J'ai connu à cette époque des enfants qui après l'école en sortant de mes cours aller rejoindre leur famille pour travailler, pour pouvoir gagner quelques grivna, afin de pouvoir assurer un ou deux repas par jour. J'ai même vu dans ce pays des jeunes filles être obligé de se livrer à des activités dont je ne donnerai pas le nom pour pouvoir se payer des chambres universitaires.


    Ce peuple d'Ukraine, est un peuple de très grande qualité et surtout d'un très grand courage !


    Ce qui me rend triste c'est que les pays de l'Occident et notamment les pays de l'union européenne n'ont jamais su faire confiance au peuple ukrainien, jamais l'union européenne à proposer de véritables partenariats avec ce pays ! Jamais des pays comme la France n'ont proposé de véritables échanges avec l'Ukraine ! Et pourtant l'Ukraine s'est toujours tournée vers la France mais après la chute du mur de Berlin, la France n'a pas fait confiance au peuple et aux citoyens de l'Ukraine.


    Je me réjouis aujourd'hui qu'un ministre français se retrouve à la tête de la délégation pour essayer de faire taire les armes en Ukraine. J'espère simplement qu'il arrivera à convaincre le président ukrainien d'organiser de nouvelles élections dans le pays et de mettre fin aux violences. Alors oui les violences ne viennent pas forcément que de la part des autorités actuelles en Ukraine il est vrai qu'il existe également des activistes des extrémistes qui profitent de la situation pour se livrer à des violences gratuites au lieu de laisser apaiser et de laisser le dialogue se faire. Mais il faut comprendre également que cela fait des mois, que les citoyens d'Ukraine réclament un changement et réclame de nouvelles élections dans les pays.


    Car s'il y a des violences il faut les condamnés d'un côté comme de l'autre il faut être juste. Dans une révolution il y a forcément des moments de dérapage, n'oublions pas la révolution en France et certains moments où il y a eu beaucoup plus de morts, donc il faut s'efforcer dans un premier temps d'arrêter les violences en faisant reconnaître au président  ukrainien qu'il doit accepter de nouvelles élections rapidement.


    Ce soir je pense à tous ces amis qui sont là-bas entrant Scarlatti à Kiev ou à Lviv…


    Ce soir je pense à tous ces enfants que j'ai connus pendant deux ans qui aujourd'hui sont peut-être sur les barricades dans une ville dans une autre ou à Kiev…
    Ce soir je pense à ce pays, qui a énormément de qualités de compétences, et qui doit avoir les moyens et la liberté de se développer et de se construire.


    Jean-François loubet


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