Par jflou83


Une source fiable, éprouvée à maintes reprises au cours de ces vingt dernières années, a fourni des détails à notre collègue Frédéric Blassel. Selon elle, le montant de la transaction est de quelque vingt millions de dollars.
C'est l'épouse du gardien des otages, aperçue par Ingrid Betancourt nue et bâillonnée au pied de l'hélicoptère, qui a servi d'intermédiaire depuis son arrestation par les forces régulières colombiennes. Elle a permis d'ouvrir un canal de négociations avec les preneurs d'otages et d'obtenir de leur gardien, Geraldo Aguilar, qu'il change de camp.
A l'origine de la transaction, les Etats-Unis, qui comptaient trois
agents du FBI parmi les quinze otages. En principe, le FBI n'intervient
pas à l'étranger, mais les trois agents avaient été prêtés par l'agence
à la DEA, l'Agence américaine fédérale de lutte contre le trafic de
drogues. Avec l'Afghanistan, la Colombie est en effet l'une des deux
principales bases d'intervention de la DEA à l'étranger.
Cette
libération, arme au poing et façon opération Ninja, ne serait donc
qu'une vaste mascarade. L'élément qui a déjà mis la puce à l'oreille de
nombreux observateurs, c'est qu'elle s'est déroulée sans la moindre
anicroche, on peut dire comme sur du papier à musique. Même les otages
ont été dupés, semble-t-il, dans un premier temps, par cette mise en
scène.
Enfin, hormis de rares images, aucune vidéo complète de
l'opération n'a été diffusée, alors qu'en général ce type d'opération
est toujours filmé de bout en bout par un membre du commando. Puisque
l'opération a été un succès, pourquoi cette vidéo n'a-t-elle pas été
diffusée ?
Cette fiction permet au président colombien Alvaro Uribe de s'en tenir,
du moins officiellement, à sa ligne dure, qui exclut toute négociation
avec les rebelles, aussi longtemps que les otages ne sont pas libérés.
Il ne faut pas oublier que les FARC détiennent encore des centaines de
personnes, moins fameuses qu'Ingrid Betancourt.
Ensuite,
le chef de l'Etat colombien voulait pouvoir décider du Jour J où cette
libération interviendrait, et ce en fonction de son propre agenda
politique. Il y a dix jours, Alvaro Uribe a en effet demandé au Congrès
colombien de convoquer immédiatement de nouvelles élections
présidentielles anticipées, et ce coup d'éclat lui permet à présent de
redorer son blason d'homme fort du pays.
Le timing est parfait,
alors que les rebelles des FARC n'ont jamais été aussi faibles sur leur
propre terrain, celui de la guérilla.
Thème Magazine © - Hébergé par Eklablog