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Louis de Sarabert ! Le dernier homme libre…

Louis de Sarabert !

Le dernier homme libre…

 

 

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Ce soir, loin de cette agitation politique autours de sujets d’ordre personnel et privé au niveau du pays, je pense à toi !

Je pense très souvent à toi, Louis de Sarabert ! Toi qui a vécu seul dans ta montagne loin de la ville que tu détestais tant ! …

Je me rappelle lorsque  j’avais 8 ou 9 ans, notre première rencontre à Ezes ! Village dressé au plus haut de la vallée des Ourtrigous !

M’approchant de ce vieil homme, marqué par la vie et les années, je t’ai tendu ma main et j’ai voulu te salué comme en ville, comme j’avais observé !

Tu m’as alors attrapé ma main mais et regardé droit dans les yeux !

Ne sachant pas trop si j’avais fauté ou si tu jouais avec moi, je commençais à avoir un peu peur, à mon âge,  face au dernier contrebandier de la vallée !

-«  Pas Monsieur ! Je ne suis pas un de ces gars de la ville !!! Moi je suis Louis de Sarabert de EZES !!! Je suis l’homme des bois !!! Je suis Poussières !!! » M’as-tu dit  ce jour là !

Ce premier jour, mes parents, mon frère, ma tante étaient avec moi. Je n’avais pas peur d’approcher l’homme qui avait été rejeté par toute une vallée par manque de compréhension et ouverture d'esprit!

Mon grand père avait promis de veiller sur toi et donc ma famille venait souvent te rendre visite. Car la parole en Ariège est sacrée et on la respecte autant qu’un écrit !

Donc durant mon enfance, j’ai eu la joie de te voir et apprendre à te connaître.

Lorsque tu étais jeune, tu as vu ta mère se faire tuer sous tes yeux par les Allemands,

Et tu n’as jamais vraiment pu enlever cette image de ta tête !

Lors de la libération, tu as pris une arme et tu as vengé ta mère en tuant un officier prisonnier.

Puis la vie dans la vallée  a repris son cours.

Jeune homme beau et en pleine force de l’âge, tu es naturellement tombé amoureux d’une demoiselle qui était de Massat, chef lieu et ville de la vallée.

Mais tu n’étais pas le seul à convoiter cette jeune femme.

Un certain « Jaouli », une force de la nature, avait aussi jeté son dévolu sur la  même personne. Le Jaouli  était réputé pour ses tours forces sur lesquels pariaient les quelques touristes venus à Massat. Cet homme était capable de porter un âne sur son dos et traverser une rivière. Les visiteurs pariaient et lui arrondissait ses revenus d’agriculteur et Berger !

Mais un soir après avoir passé une soirée bien arrosé au « Globe », Louis décida de régler ses comptes avec le Jaouli. Dans une ruelle du village, il attendit la fin de soirée pour  se jeter sur lui et lui planter un coup de surin dans la colonne vertébrale !

Le Jaouli ne mourut pas de suite !

Et pendant plus de dix ans, il a vécu à la force de ses bras ! Il avait installé chez lui un système de cordes et de poulies pour pouvoir se mouvoir.

Quant à Louis de Sarabert, il fut envoyé en prison et en hôpital psychiatrique où on lui donna des médicaments, et des piqures de produits pour le calmer !!! A cette époque, « Vol au dessus d’un nid de coucou » n’était sortit au cinéma et donc on peut aisément imaginer les conditions de sa vie en milieu psychiatrique !

Lorsque que tu es sorti de milieu carcéral, personne n’a voulu de toi au village !

Alors tu es allé vivre, seul, à Ezes, dans la maison de ta mère, dans ce village de maquisards.

Si aujourd’hui je connais tant de détails de ta vie, c’est parce que cet enfant qui avait eu peur à notre première rencontre, ne s’est pas arrêté aux rumeurs et aux « ont dit » !

Je n’ai pas voulu croire les méchancetés que les gens qui n’avaient pas même fait l’effort de te rencontrer, pouvaient dire à ton sujet ! Je suis allé régulièrement te voir, et même te présenter mes amis. Peu à peu avec le temps, tu n’étais plus l’ami de la famille mais tu étais devenu mon ami malgré notre différence d’âge.

J'ai pris le temps de t'écouter, te comprendre et non pas te juger..

Souvent je pense à toi mon ami « Poussière » et je me demande qui est le plus heureux ?

Tu as vécu seul mais libre, loin des tracas de la vie moderne ! Tu as pris le temps de t’amuser et de profiter de la vie et malgré tes excès. Tu es mort à plus de 85 ans !

Alors je me rappelle souvent, une réflexion que tu me faisais souvent :

-« Qu’est que vous êtes allés vous emmerder à vous entasser en ville ! »




Jean François LOUBET







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M
Bonjour très touchée également par cet article, je n’ai pas de lien de parenté avec Louis mais mes grands parents ont investit à Ezes et j’y ai passé plusieurs étés fin 70 début 80. Quel personnage fascinant pour mon frère et moi qui étions jeunes. Tous ces souvenirs…. Merci <br /> Savez vous ce qu’est devenu ezes? J’ai plusieurs fois voulu y retourner avec mes enfants mais je n’ai jamais osé
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J
Bonjour, Après le décès de Louis de Sarabert, les "hippies" ont investit le village. Je n'y suis jamais retourné
K
Bonjour jean francois,<br /> Je suis la petite niece de Louis. Son frere camille etait mon gd pere.<br /> J aumerais bien echanger avec vous par mail.<br /> Merci pour votre article
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S
Bonjour, je suis la nièce de Louis. Je suis la fille de Camille. Je suis très touchée par vos messages. J'ai le souvenir de Barthé<br /> <br /> <br /> <br /> t <br /> <br /> <br /> <br /> <br /> Bonjour, je suis très touchée par vos messages. Je suis Isabelle la nièce de Louis. Je suis la fille de Camille. Louis me manque, je l'aimais très fort.
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S
Bonjour,<br /> Je suis très intéressée par l'histoire de ma famille qui du côté paternel à vécu à Ezes. Marcel Sablé (fils de Vincent Sablé) a vécu à Ezes avec ma grand mère,Marie Loubet, mon père André et sa soeur Berthe. Louis Sarabert avec ses frères,Camille (le parrain de mon papa et gendarme) et Édouard Loubet étaient des cousins.<br /> Ils sont tous décédés.Mon père décédé il y a 3 ans nous avait relatés la venue des Allemands, et qu'ils avaient tués une dénommée Germaine qui en les voyant avait essayé de s'enfuir...<br /> Je suis très heureuse de vous avoir lu et d'en savoir un peu plus sur nos histoires communes
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M
J e suis arrivés à ezes en 91 avec une bande de copains et nous avons passé des soirées extraordinaires avec Louis très bons souvenirs je penses à lui souvent il restera dans ma mémoire
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